Sortie métaphysique, est-ce grave ?

Il est parfois surprenant de nous voir nous interroger sur des situations quotidiennes qui passaient autrefois inaperçues. Et si ces observations nous permettaient de mieux faire, d'être mieux, de mieux interagir ?

01.11.2025
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Sophie P.

Pour bien faire, faut-il être perfectionniste ?

Le perfectionnisme est une maladie inscrite dans l'annuaire des maladies psychiques (ADSM). Comment être heureux si l'on se tyrannise avec des standards d'excellence ? Certes, les réseaux sociaux ne favorise pas non plus cet élan de générosité envers sois-même où tout semble parfait derrière l'écran. Se comparer avec un collègue ou un ami qui a tout réussi, peut paraître ainsi inévitable, mais la conséquence se transforme en souffrance. Ces vases communicants sont autant de facteurs handicapants à l'épanouissement de chacun, un blocage pour accéder à la joie simple que tout individu devrait pouvoir toucher. Cette vidéo simple, mais efficace de Charles Pépin sur ce sujet délicat "Pour bien faire, faut-il être perfectionniste ? " exprime aisément un mal de notre siècle, celui de se vouloir parfait ou de paraître parfait. Et si faire de son mieux chaque jour était déjà une première clé pour bien faire ? A découvrir.

La question philo par Charles Pépin - 12 octobre 2024

Auto-sabotage : pourquoi nous mettons-nous des bâtons dans les roues ?

Nous avons déjà tous (je pense), vécu cette situation étrange...
Nous voulons absolument quelque chose… et malheureusement, c'est tout l'inverse qui se produit. 
Nous procrastinons, nous compliquons les choses en allant dans les détails, pour terminer par un renoncement avant même d'essayer.


C’est l’auto-sabotage : une façon de freiner notre propre élan, sans même s’en rendre compte.

Il ne s’agit ni d’un manque de volonté, ni d’un défaut personnel, ni de paresse. Le mécanisme est plus subtil. 

L’auto-sabotage, ce n’est pas "Etre nul", c’est un mécanisme de protection

En effet, il n’est pas là pour nous punir, mais pour nous protéger.

Le cerveau est programmé pour privilégier ce qu'il connait, ce qui est stable et familier.
Alors, le changement, c'est souvent compliqué. 

Changer, avancer, tenter… signifie devoir s'exposer à une incertitude, s'exposer au regard des autres, à la possibilité d'échouer, mais aussi... à l'éventualité de réussir ! (et oui, réussir, fait aussi peur)

L’auto-sabotage devient alors une stratégie inconsciente pour rester dans une zone contrôlée, dans ce que l'on connait, c'est juste humain.

Comment s'en rendre compte ? 

L'auto-sabotage est banal, silencieux.

Voici quelques exemples :

- Reporter encore une fois à plus tard lorsque ce sera le bon moment, lorsque nous aurons plus de temps,
- Compléter sa liste des tâches, sans toucher au vrai sujet : nous nous occupons, sans avancer (évitement déguisé),
- Remplir son agenda au point de ne plus se dégager de temps pour construire (stratégie de paralysie),
- Réduire ses standards ou abandonner avant même d'essayer : ah ce fameux, "je n'en suis pas capable" ou ce n'est pas si important que ça,

Ces situations sont des protections, en aucun cas de l'incompétence. 

D’où provient cet auto-sabotage ?
Il existerait trois raisons principales


La peur d'échouer : Et si... et si... je me trompe ?
Nous n'aimons pas souffrir, le cerveau préfère ne rien essayer, le changement c'est trop galère.


La peur de réussir (c'est surprenant, mais cette peur est tout autant puissante)

Réussir peut nécessiter un changement, s'assumer de qui nous sommes vraiment et de se montrer. 

Le conflit interne
Nous voulons avancer, tout en restant en sécurité, c'est bien le problème de ce paradoxe. 


L’auto-sabotage arrive lorsqu'il y a la confrontation de deux besoins : l’envie d'évoluer et le besoin de stabilité

Alors, que faire pour arrêter cette machine infernale ? 
Il y a une bonne nouvelle. La solution n'est pas de forcer, ni de devenir quelqu'un d'autre.


Observation - Non jugement
Repérer ces mécanismes diminuent leur puissance. 


Décomposer l’objectif en micro-étapes

Le cerveau adore ce qui est petit et accessible (10'/jour, une action minuscule-mais régulière, un premier jet imparfait sans jugement)

Clarifier notre réelle intention
Pourquoi le faire ? Qu'est-ce que cela peut véritablement apporter ? et plus l'intention est claire, plus l'action deviendra fluide et naturelle.


Consentir à côtoyer l’inconfort volontaire et choisi
Un appel que nous n'osons pas effectuer, publier un texte imparfait, j'y vais quand même même si ce n'est pas opérationnel à 100% (l'action crée la confiance et non l’inaction)